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Par JF Maquiné le 25 Février 2005 |    | |
Vers la fin du 19ème siècle, la chimie française avait pris un important retard, en particulier vis-à-vis des allemands. De grands chimistes français ne s'étaient pas rallier à la théorie atomique et ce fait impliqua que la formation des chimistes n'était pas à niveau. Ce n'est qu'au début du 20ème siècle, lorsque les preuves furent accablantes, que la chimie française pu revenir à niveau. Elle fut aidée en partie par la grande école de chimie de Mulhouse, que les allemands avait mis en place lors de l'occupation de 1870 / 1917. On y avait enseigné les théories les plus modernes.
A quoi doit ressembler la chimie de demain et surtout l'industrie chimique ? Trois défits majeurs sont à prendre en compte. Premièrement par la capacité à pouvoir réaliser des procédés de fabrication complexes à l'échelle industrielle (il existe de nombreux procédés en élaboration actuellement impossibles à mettre en oeuvre à très grande échelle). Ensuite augmenter les rendements de fabrication, c'est-à-dire pouvoir produire une quantité x de produits en utilisant moins de matière (solvant, moins de transport, ...). Enfin prendre en compte l'environnement (rejets, risque chimique, ...). Tout cela se résume aujourd'hui en Europe avec le projet IMPULSE (Integrated Multiscale Process Units with Locally Structured Elements).
IMPULSE est un projet européen associant des laboratoires du Royaume-Uni, Pays-bas, Allemagne, République Tchèque et France. Se joignent aussi à ce projet des industriels comme GlaxoSmithKline, Siemens, Procter et Gamble, Degussa. L'un des principaux défis de IMPULSE sera l'intégration des nanotechnologies dans les procédés de fabrication afin de travailler de manière beaucoup plus précise et mieux contrôler les évolutions des processus et les quantités de produits.
Hormis la chimie physique, je n'ai jamais été un grand fan des laboratoires de chimie durant mes études, ni des procédés de fabrication. Mais là je dois reconnaître que le projet IMPULSE est superbe. D'une part il mèle de nombreuses spécialités, d'autre part celles-ci font appel à des technologies très récentes et modernes. Beau projet.
Communiqué de presse du CNRS : - IMPULSE
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Par JF Maquiné le 20 Février 2005 |    | |
Regardez bien la publicité ci-dessous. C'est une des plus mauvaises idées de ce début du 21ème siècle dans le secteur informatique d'un produit grand public. Pourquoi ? Parce qu'à l'heure où tout le monde reconnait qu'aucun système informatique n'est sûr, on propose au grand public de laisser trainer ses empreintes digitales sur l'ensemble du réseau mondial internet.
 Le plus ironique dans l'histoire, c'est que ce système est censé vous protéger contre un ennemi qui n'existe quasiment pas. Qui craint qu'on lui vole son ordinateur familial pour avoir accès à ses données ? Pas grand monde. Ou alors il s'agit d'une utilisation professionnelle, mais c'est totalement différent. La publicité est très claire, il s'agit d'un environnement purement familial. L'ironie est que la première faille d'un tel système c'est que les ordinateurs familiaux sont le plus sensibles à une attaque par internet et de plus en plus d'ordinateurs familiaux y sont connectés. En résumé, on propose aux gens une sécurité là où il n'y a pas de véritable problème, tout en la mettant dans une situation où elle sera vulnérable à l'oeil internet. Mettre à disposition ses empreintes digitales sur le réseau internet est une idiotie qui frole l'absurde.
A qui profite le crime ? En fait la société qui prône ce concept, développe un de ses thèmes majeurs, la sécurité. En proposant une telle technologie, Microsoft utilise le bon vieux truc publicitaire d'identification d'un rôle à une marque. Le message est simple : Microsoft fait tout pour votre sécurité. Le produit vendu n'est pas un produit. Quand vous l'acheterez, ce n'est pas le produit que vous achetez, mais un message publicitaire identifiant Microsoft.
Compléments du 25/02/2005 : On m'a reproché de ne pas avoir donné les réels avantages et raisons de la technologie par empreintes digitales. C'est vrai, mais comme je vais l'expliquer, cela n'a aucune espèce d'importance. D'abord quelle est la principale fonction du gadget proposé par Microsoft. Tenter de solutionner le fait que de plus en plus de gens se retrouvent avec plusieurs mots de passe pour naviguer sur internet. Il est vrai aussi que cela pose un problème de sécurité. Mais adopter l'utilisation des empreintes digitales, c'est d'une part utiliser une massue pour tuer un moustique, d'autre part faire fi des éléments identitaires des individus. C'est un combat fondamental que de préserver les empreintes digitales. Il y a en Europe dans les assemblées des discussions houleuses et très importantes à chaque fois qu'il faut autoriser telle administration à avoir accès à telle ou telle information. Les fichiers d'empreintes digitales sont soumis d'ailleurs à des règlementations sévères. Et que propose cette technologie ? Ni plus ni moins de mettre sur un ordinateur familial les empreintes digitales de la famille alors qu'aucune entreprise au monde ne peut garantir que ces empreintes ne pourront pas être accessibles par internet (la majorité des ordinateurs familiaux étant reliés à internet). Ce type de conception de la sécurité est issu des récentes orientations de la société américaine qui n'assure plus correctement la protection des individus de sa société. L'Europe doit dire non, les utilisateurs doivent dire non, et Onversity dit non ! |

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Par JF Maquiné le 16 Février 2005 |    | |
Mercredi 16 février 2005, l'accord de Kyoto est entré en vigueur. 141 pays signataires. C'est bien, mais il manque les USA, l'Australie et la Chine et l'Inde sont exemptes d'application du traité. Il y a donc encore du boulot à faire. Même chez nous en Europe, où il va falloir transcrire en acte, de belles paroles. Toutefois, on peut remarquer que depuis plusieurs années déjà, la majorité des industries diminue leur niveau d'émission de gaz à effet de serre, mais comme la consommation augmente régulièrement, il n'y a pas de baisse significative ou baisse du tout. Le cas des automobiles est très clair. La consommation des voitures n'a cessé de baisser, mais le nombre de voitures augmente beaucoup plus vite. Résultat, un accroissement du rejet des gaz à effet de serre. Mais en ce qui concerne l'informatique alors là rien ne va plus.
L'industrie informatique propose non seulement des produits qui sont de plus en plus consommateurs de courant électrique, donc pollueur. Mais en plus le marché est toujours croissant. Que ça soit les microprocesseurs, les cartes graphiques, les mémoires, presque toutes les technologies liées au secteur informatique tendent vers un accroissement de la consommation. Ce n'est pas seulement l'industrie, mais le comportement des gens. Ainsi j'ai pu lire récemment un article qui préconisait une alimentation de 550 Watt, pour une machine qui aurait pu se contenter de 400 voire 350 Watt. Ce n'est pas tant que cette alimentation consommerait vraiment plus qu'une 400 watt, mais un auteur d'article qui serait sensible au problème de consommation, aurait instinctivement proposé une alimentation correspondante, voire à haut rendement, comme le sont les OCZ. Qui vous explique, éduque les utilisateurs informatiques, pour ne pas utiliser le mode veille des matériels ? Oui bien sûr de temps en temps quelqu'un dit un mot, mais c'est clairement pas un sujet considéré comme important juste anecdotique.
Pourtant il y a de l'espoir et celui-ci vient des utilisateurs finalement. Ils sont de plus en plus nombreux à rechigner pour acheter des microprocesseurs qui font plaque chauffante, ou ils préfèrent acheter des portables. Mais bon ne soyons pas trop naïf, une bonne partie fait le choix d'un processeur pour portable pour son PC de bureau, parce que chauffant moins, il permet d'avoir un système de refroidissement beaucoup plus léger et donc moins bruyant. De même les ordinateurs portables ne sont pas nécessairement choisis pour la faible consommation en pensant aux problèmes des gaz à effet de serre, mais pour leur aspect pratique ou tout simplement tendance.
Il va nous falloir changer tous ces comportements, mais malheureusement cela ne va pas être facile. La majorité des sociétés qui sont les fournisseurs de l'informatique et de son évolution ont pour origine des pays qui ne sont pas signataires et donc où le niveau de sensibilisation aux problèmes des gaz à effet de serre est très faible. Il faut savoir que de nombreux américains pensent encore que l'effet de serre est un problème lointain voire anodin. J'ai même lu récemment dans un forum qu'on fait trop de bruit sur le problème de l'effet de serre comme pour le bogue de l'an 2000, mais que finalement il ne va rien se passer. Faut le faire quand même !
Mercredi 16 février 2005, l'accord de Kyoto est entré en vigueur et il serait souhaitable qu'il entre aussi dans nos esprits et dans nos comportements.
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Par JF Maquiné le 14 Février 2005 |    | |
Et voilà, le vol n°164 de l'Ariane 5 ECA (ou Ariane 10 tonnes) qui a eut lieu samedi soir, a été un succès total. Ariane a mis en orbite 2 satellites d'environ 4,5 tonnes chacun. Ce succès était capital ! Effectivement, depuis l'échec du premier vol de l'Ariane 10 tonnes, du 11 décembre 2002, de nombreux moyens ont été mis en oeuvre pour assurer la réussite du prochain vol, moyens incluant l'arrêt de certains projets destinés à concevoir le futur d'Ariane. L'échec de 2002 a donc eu des conséquences très importantes emputant l'avenir d'Ariane. Il était absolument nécessaire que le vol n°164 soit une réussite. Nécessaire pour montrer la capacité de l'Europe à produire un lanceur multi-cible de très gros satellites et donc ses capacités technologiques. Nécessité de valider les choix technologiques de l'Ariane 5 et rassurer les clients potentiels. Et enfin nécessaire pour que les projets des futures Ariane puissent repartir en récupérant les budgets qui leur sont nécessaires. Ce sont toutes ces nécessités qui ont imposé une extrême prudence et une multitude d'améliorations et vérifications et qui ont impliqué d'attendre plus de 2 ans avant de refaire un lancement de l'Ariane 5 ECA. Il existe un autre modèle de l'Ariane 5 dit générique, c'est un lanceur 6 tonnes, mais à terme l'Ariane 5 ECA le remplacera.
Que s'est-il passé le 11 décembre 2002 ? L'Ariane 5 ECA est équipée du moteur principal Vulcain 2. Il succède au moteur Vulcain 1 de l'Ariane 5 générique. Il permet d'avoir une poussée de 20% supérieure pour un coût de fabrication inférieur. L'Ariane 4 était propulsée par des moteurs Viking. Lors du premier vol de l'Ariane 5 ECA, vol n°157, le divergent a surchauffé et n'a plus permis le contrôle du lanceur, qui a du être détruit en vol. Qu'est-ce que le divergent ? Voici la définition de la Snecma qui est le maitre d'oeuvre du moteur Vulcain 1 et 2. Le divergent assure l'accélération des gaz en régime supersonique jusqu'au maximum permis par la pression ambiante, soit 4 000 m/s. Il est constitué de 456 tubes enroulés en hélice et refroidis par circulation d'hydrogène, selon le procédé de 'dump cooling'. Sur la photo ci-dessous, le divergent est cette grosse tuyère.
 En gros, le moteur Vulcain 2 n'a pas supporté la charge de travail. Certains de ses éléments étaient sous-dimensionnés pour effectuer le travail d'amener une charge de 10 tonnes sur orbite. Trois types de modifications ont été apportées au moteur Vulcain 2. La première concerne un renforcement de différents éléments par un choix de matériaux et de procédé de fabrication plus important et surtout le divergent. Des procédés de qualification qualité lourdement revus et améliorés. Ainsi chaque moteur bénéficie aujourd'hui d'un contrôle de plusieurs milliers de points par deux équipes entièrement indépendantes et chaque point est contrôlé par au moins deux personnes dans chaque équipe. Le dernier point est un ensemble d'améliorations générales de l'architecture du moteur. Améliorations qui auraient eut lieu de toute manière, comme cela a été le cas pour les moteurs Viking qui ont équipé l'Ariane 4. A terme il semble que les améliorations à venir du Vulcain devraient permettre d'amener l'Ariane 5 à une version 12 tonnes à 13 tonnes. Mais ce qu'il faut bien comprendre c'est que la base du moteur Vulcain n'a pas été remise en cause. La base est bonne et c'est tant mieux car il faut près de 10 ans pour valider un tel moteur.
Les concurrents d'Ariane 5 : Ils sont au nombre de 3 pour les plus directs. Pour l'instant les japonais ou les chinois ne jouent pas dans la même cour. On a d'abord Boeing avec le lanceur Delta IV et Lockeed-Martin avec son lanceur Atlas-V. Toutefois ces deux concurrents se contentent actuellement des marchés gouvernementaux américains qui semblent leur fournir assez de travail, marchés nationaux qu'Ariane Espace ne peut convoiter. Le troisième concurrent est le lanceur Proton russe de la société ILS qui est issu d'une association entre le russe Khrounichev et l'américain Lockeed-Martin. La particularité de ce lanceur est qu'il peut envoyer 1 satellite de 5 tonnes par lancement pour un coût très réduit (environ 75 millions de dollars). Le défit des lanceurs commerciaux n'est donc plus seulement de pouvoir assurer l'envoi de satellites de plus en plus gros avec le maximum d'assurance de réussite, mais aussi de le faire à un coût de plus en plus bas. C'est dans cette optique qu'a été conçue Ariane 5. En mode simple étage, elle peut embarquer un satellite de 9,7 tonnes et en mode deux étages deux satellites totalisant 9 tonnes. C'est dans cette configuration que les marges financières sont les plus importantes.
 Avec la réussite du vol n°164, et donc la validation des technologies d'Ariane 5, la société Ariane Espace se positionne comme le principal fournisseur de lanceur commercial. Il ne reste plus à Ariane 5 qu'à montrer une très grande fiabilité, comme l'a été le lanceur Ariane 4, pour avoir le succès qu'elle mérite.
Sites officiels : - ESA (Ariane 5)
- CNES (Ariane 5)
- Snecma (moteur Vulcain)
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